gruyeresuisse

25/02/2019

Les études humanités de Caroline Nasica

Nasica bon.jpgAvec ses "intimes fragments" Caroline Nasica crée sa "Comédie Humaine". A l'inverse de celle de Balzac elle se passe de tout décor et se définit par une obsessionnelle quête de la vérité des corps et des visages, des peaux, des êtres. Vérité impénétrable et revêche, qui se défile sans cesse comme elle se dérobe, et qui pourtant affleure en de courts moments privilégiés. Caroline Nasica sait les attendre voire les solliciter. D'où cette une saisie du quotidien où l’humain s’inscrit en une galerie de portraits naturalistes, graves, drôles et toujours bienveillants. Existent à côté des fragments de lieux eux aussi intimes - à savoir ceux de la vie de la photographe - mais offerts sans la recherche de l'effet.

 

Nasica top.jpgL'ensemble permet d’atteindre une vérité qui n'est pas d'apparence mais d'incorporation temporelle. Dans leur diversité les portraits proposent une série de déplacements de la fonction d’instantané, d’encoche définitive, de marque fixe qui dépassent l’ordre de la mélancolie. S'y dégage la dominante du temps humain pris entre deux marges suivant les clichés : la presque enfance et le presque quatrième âge. L’artiste en expose les bouts comme les intervalles.

 

Nasica 2.pngChaque sujet apporte son flux d’opacité. Loin de tout «sfumato» ou de simple effet d’icône le corps se dévoile dans une lumière sans concession au moment même où parfois les modèles se déshabillent. Conscients des séances de prises ils n'éprouvent aucune obligation de « présentation ». Chacun d’eux ne semble ni craindre ni désirer la prise : il l’accepte sans cherche à ruser avec l’objectif. Pas plus que Caroline Nasica ne ruse avec ses modèles ou avec elle-même.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Voir le site de l'artiste : https://www.instagram.com/caroline.nsc/

 

 

 

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