gruyeresuisse

11/02/2019

Sophie Proença : d'entre les lignes

Proença bon.jpgComment savoir ce que c'est ? Et que c'est là ? Ne reste que le silence. Mais Sophie Prença y met du corps dans l'abandon programmé, l'absence feinte de toute maîtrise car tout de fait est créé pour creuser un abîme par effet de miroir. Il s'agit d'entrer dans la nuit de l'être. Cela ressemble à un sémaphore en un cycle de lune.

Proença bonbon.jpgLes formes utérines et phalliques changent de genre. Le dessin reste cette technique sans technique puisqu'elle est première, celle qui "s'apprend" de facto avant l'écriture. Sophie Proença la reprend pour embuer les figures du dehors. Elle en consume le vernis jusqu’à la transparence noire par des effets de dedans. En noire sœur l'encre traverse l'absence pour nous retrouver, et pour nous faire renaître comme si nous étions morts avant.

 

 

Proenca.jpgL'artiste découpe une nouvelle altérité. Les enchevêtrements programmés ne sont plus le brouillon de tout ce qui reste à « écrire » mais son bouillon. "L'âme à tiers" (Lacan) y prend corps - délicatement obscène en cette révélation. Le plaisir et l’angoisse (qui lui est liée) émergent inconsciemment, trouvent des repères. L’encre devient par excellence la taiseuse montreuse, l’intruse qui sait que les mots ne résolvent rien. Sophie Proença propose leur envers et en scanne la pénombre.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Voir le blog de l'artiste.

 

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