gruyeresuisse

01/02/2019

Sasha C. Bokobza : le réel et ses oscillations

Bokobza 3.jpgSasha C. Bokobza provoque un éloignement du réel sans l'oblitérer. Se dissociant du leurre réaliste elle prouve que voir ce n'est plus percevoir mais d'une certaine façon un "perdre voir" (tout autant un « sur voir ») puisqu'un tel choix viole les lois de la représentation et le matérialisme pour donner au réel une chair vivante et inédite.

Bokobza 2.jpgCet art transforme chaque objet en sujet. Se crée un dialogue entre l'artiste et le monde.. Elle renoue avec les forces non seulement primaires de la force des choses mais avec celles que l’art lorsqu’il n’est pas dévoyé peut proposer et en premier lieu cette fameuse beauté convulsive que l’époque a fini par oublier.

Bokobza.jpgLa peinture a pour visée de sortir de l’enfer terrestre et de lutter contre la part du corps martyrisé par son absence de spiritualité ou par la présence de la misère. Et Sasha C. Bokobza invente une peinture aux multiples facettes qui scrutent les intérieurs des lieux entre réel et fusion .

Les œuvres deviennent des zones de fouilles capables d’atteindre le vortex de la machinerie du réel pour figurer des jaillissements. L’artiste récupère diverses traditions pour les adapter à sa propre affectivité et sa mentalisation. Tout est poussé au paroxysme mais sans la recherche de l'effet pour l'effet. La peinture devient l’acte de faire non un discours mais un corps qui bouge, sort, s’use, recommence. S’y éprouve l’action du sens et de l’émotion. S’y ressentent différents degrés d’ouvertures ou d’étranglements.

Jean-Paul Gavard-Perret

Voir le site de l'artiste.

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