gruyeresuisse

27/01/2019

En avoir ou pas - Sarah Fisthole

Fishole bon.jpgCe n'est pas par simple trait d'humour que l'auteure et dessinatrice a choisi comme nom de guerre Sarah Fisthole. Le jeu de mots en  dit beaucoup et sur divers plans : il suggère une mission de réparation mais rappelle tout autant la condition d'objet sexuel à laquelle la femme est soumise. Elle reste encore un "ça" : un "ça qui ne doit pas" - sinon fermer sa gueule, ouvrir les cuisses pour le repos du guerrier et éventuellement se faire trouer la peau "sinon son corps ne sera plus assez pur pour le paradis."

 

Fishole 2.jpgLa plasticienne et auteure n'est pas dupe des impostures. Les ségrégations ont la vie dure. Pour les combattre, elle vise juste : "prendre la virilité par les couilles" serait vain. Elle lutte en solo et dans la démesure verbale et visuelle pour éloigner des femmes ce qui reste le plus obscène  pour elle : la douleur ou la souffrance que la société leur fait apprécier au nom du syndrome de Cendrillon.

Fishole.jpgIl arrive en effet qu'en son nom les femmes trouvent leur corps et leur libre arbitre trop grands pour elles-mêmes si bien qu'elles  sont prêtes à n'être qu'un fond de vase propre à faire patauger les monstres qui la visitent. Ceux-là ne résistent qu'à celles qui le deviennent.  Et afin que les négresses blanches de l'occident sortent du mépris et que ceux qui le font subir en paient le prix Sarah Fisthole fait le job. Elle répond aux mâles par le mal nécessaire. Qu'importe celles et ceux qui la rejettent.

Jean-Paul Gavard-Perret

Sarah Fisthole, "Rage against the machine", Editions Furtives, Besançon.Dessins : entre autre in "Gonzine la revue oestrogénique". Et voir le site de l'artiste.

 

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