gruyeresuisse

17/01/2019

Deep Velvet : Martine Aballéa

ALbalea.jpgEn rehaussant de violet (principalement) ses photographies du réel (intérieurs, villes, nature) Marine Aballéa crée des visions oniriques en rien romantiques. Chaque espace s'y trouve décalé, réécrit dans ce qui tient d'un feuilleton photographique (« Le musée des amours ») ou de simples éléments isolés. Le dépréciatif comme l'ornemental y prend une nouvelle valeur aux moments où les décors (toujours vides) perdent de leur superbe.

Albalea 2.jpg

 

L’imaginaire de Martine Aballéa renvoie la réalité à une fin de non-recevoir dans une quête du jardin d'Eden. Néanmoins le paradis terrestre qui n'est jamais où il pourrait se trouver. Les marqueurs premiers du réel s'y trouvent décalés. Si bien que peu à peu le réel tel que nous le connaissons semble tout compte fait une vue de l'esprit dont la validité est partielle.

 

 

 

Albalea 3.jpgLa poésie de telles images d'insoumission (subtile) ne repose jamais sur le farniente. L'artiste retourne la face du monde même lorsqu'il est classieux. Les évidences coloriées acquièrent une propriété irréversible. Entre fugue et déphasage optique la photographie vide la raison de son sens et le monde de ses habitants en leur donnant un fléchage alternatif.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

(voir le site de l'artiste)

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