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21/12/2018

Jules Spinatsch : lenteur et vitesse

Spinatch.jpgJules Spinatsch, "Semiautomatic Photography 2003-2020", Centre de la Photographie de Genève, du 12 décembre 2018 au 2 février 2018.

Chez Spinatsch la photographie est un contour fermé mais qui s'ouvre à la puissannce d'imaginer. L'"actualisation" que propose chaque prise est une interprétation de l'espace entre forme et intensité mêlées l'une à l'autre. Résumons : l'artiste suisse configure des intensités et intensifie des "figures". Et dans chaque image se crée le fond d'une autre.

Spinatch 2.jpgLe cliché est une modalité pour donner présence à une absence qui se faufile partout : à l'endroit, à l'envers. Il met en contact divers modes de représentation par leurs bords. Tout circule dans des textures plus ou moins identiables et s'imageant autrement. L'image ne montre pas vraiment : elle sort d'elle et y retourne.

Spinatch 3.jpg

 

Spinatsch propose des modes possibles de sens dans une sorte de théêtre mouvant. L'image n'est plus substitut ou copie mais celle d'un sens à la fois comme absence et présence en des suites d'oscillations distinctives. Tout ne cesse par le proche et le lointain d'offrir une posture de l'incommunicable en différents types de renvois, diptyques, etc.. Si bien que, l'image donnée, il faut la réimaginer comme syncope et éclat de l'oscur arraché par une prise ou une levée. Bref  plutôt que déposer, elle reconfigure.

Jean-Paul Gavard-Perret

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