gruyeresuisse

13/12/2018

L''Action Burning" de Fateneh Baigmoradi

Baignardi.jpgDans sa série la plus récente «C’est difficile de tuer» (commencée en 2017) Fateneh Baigmoradi avait repris des photos qui montraient ses parents avant la révolution islamique de 1979 en Iran où elle a grandi. "Je suis obsédée par les nombreuses photos que nous n’avons plus" dit-elle et l'artiste en se servant des photos de famille  recompose le temps d'avant jusqu'au moment où son père, membre du parti du Front national, les élimina car elles devenaient dangereuses.

Baignardi 3.jpg

 

Cette expérience se produit fréquemment dans le monde. Et par son propre travail de "pyromane" l'artiste explore l'idée "de mémoire prothétique". Mais les brûlres qu'elle impose à ses vieilles photographies de famille restent pour elle chargées néanmoins d'aura.

Baignardi 2.jpgCette "action burning" crée un déséquilibre entre deux moments d'une narration personnelle mais à valeur générale. Elle attire l’attention sur les problématques de mémoire. La photographe  montre combien l’autocensure affecte une histoire dans l'Histoire et prouve que le'"oblitéré" parle autant que ce qui était jadis à et dans l'image.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Fatemeh Baigmoradi, "GRACE: Gender-Race-Identity", Galerie Laurence Miller, New-York, du 3 janvier au 22 février 2019.

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