gruyeresuisse

26/11/2018

Angelika Sher : la vie à l’envers

Sher.jpgAvec Angelika Sher parfois les femmes se font parfois poupées plus ou moins cassées, parfois maîtresses de lieux où la légende jouxte la réalité. Ici plus de vaste monde. Mais juste les bruits du cœur. Il n'est pas de sommeil si profond qu'il m'empêche de l’entendre. Chaque image propose une énigme et crée la nostalgie envoûtante de ce qui n’a pas encore eu lieu.

Sher 2.jpgDans les canicules d’Israël le baromètre des photographies de l’artiste ne sont pas pour autant au beau fixe. Leur déclic largue parfois toutes amarres. Des nudités presque enfantines où des beautés plus matures aux atours de fantômes créent un univers particulier. Idem pour les paysages et leur univers d’ombres où des arbres s’habillent de blanc.

Sher 5.jpgAngelika Sher saisit en chants visuels bien des confidences pour les magnifier en volumes et couleurs même lorsque la vie est à l’envers. Elle reste néanmoins le témoignage trouble d'une haute idée de la condition humaine. La photographe demeure l’intransigeante qui ne laisse jamais le monde dans le salpêtre. Elle en « parle » l’imprononçable et subordonne le monde à des images qui deviennent une serre primordiale. Avec des étoiles jusque dans les poings, la vie est une communion continuelle de la matière et de l’esprit.

Jean-Paul Gavard-Perret

Angelika Sher, « Fifth Column », Zemack Contemporary Art, Tel-Aviv, 2018.

 

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