gruyeresuisse

19/11/2018

Melanie Manchot : celle qui ne l'est pas

 

Manchot 3.jpgLes photographies de Melanie Manchot possèdent une nature particulière. Non seulement par l'éclat sourd de ses formes et surtout de ses couleurs mais grâce à leurs murmures et leurs exigences. L’artiste  cultive l'intensité au sein de ses narrations sous forme  de caresses, d'évocations discrètes. Des êtres y apparaissent, lascifs ou presque, au milieu des objets. Mais la photographe sort le monde des brumes.  Cela prend le cœur ou et surtout les sens.

Manchot.jpgNéanmoins Mélanie Manchot cherche avant tout à capter l’insaisissable. Elle ne se veut pas créatrice de style mais de langage et vitalise certaines amours. La texture en est lisible dans tous ses possibles. L’émotion est sublimée sans lyrisme là où les injonctions de lumière laissent apparaître un univers ouvert par des formes insoupçonnées.

Manchot 2.jpgChaque portrait est une approche, une attente. En émerge une montée par amorce de l’ouvert. Melanie Manchot plonge dans le monde muet de l’injonction. Une interrogation demeure puisque se retrouve un monde de la présence et de la gestation au sein de divers lieux, de Moscou à Londres - mais ce ne sont là que deux des repères de la photographe. Elle sait qu’il ne faut pas chercher dans ses prises le rapprochement d'un "original" mais  trouver sa mutation.  Elle sait aussi que seule une "beauté"  de tous les jours doit nous l’indiquer.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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