gruyeresuisse

18/11/2018

Bettina Rheims : gourmandes et autres pécheresses

Rheims.jpgBettina Rheims, Galerie Xippas, du 17 novembre 2018 au 12 janvier 2019.

 

Les femmes de Bettina Rheins ont une pulpe de fruit dans lequel on aimerait mordre. Mais telles que la photographe les saisit c’est elle qui se font louves. Mieux vaut donc réviser les désirs. Toutes possèdent une étrangeté qui se dessine dans leur langage muet et corporel au sein de narrations en dérive. Existe un trouble au sein d’un potentiel extatique mais qui dépasse toujours le voyeur.

Rheims 2.jpgChaque femme joue du charme, feint un geste de recevoir, les lèvres ouvertes pour mieux inspirer. Mais elles ne sont en rien de humbles amantes prêtes à l’enlacement et l’extase. Leur ingénuité est celle d’actrices expérimentées. Comme saisies sur le vif en dépit des poses, leurs photos figées au milieu d’un geste crée un suspens qui met le regardeur en quasi état neurovégétatif.

Rheims 3.jpgUne part de tels modèles semble mécanique : c’est un équilibre entre ne pas vouloir et vouloir mais méfions nous des pièges lorsque Bettina Rheims est à la manoeuvre. Elle étourdit les enigmes qu’elle fourbit. Et même lorsque ses héroïnes semblent nostalgiques c’est bien le regardeur qui  paraît avoir perdu quelque chose. Mais il ne sait ni quoi, ni quand, ni comment.

Jean-Paul Gavard-Perret

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