gruyeresuisse

27/10/2018

Jacques Cauda ou la joie de peindre au noir

cauda.jpgCauda ramène en ses poèmes vers toutes ses mailles à partir du modèle, « avant apprêt », sans que rien ne soit soustrait à la vue. Et voici à nouveau le bourreau du bitume, « emmailloté dans un beau tablier de cuir d’un légionnaire ». Mais pas n’importe lequel : celui de Piaf, qui aime les femmes toute la nuit et s’empare de leur fruit mûr avec ses pinceaux dressés comme des « boas obscènes ».

cauda 2.jpgAinsi va sa peinture lorsqu’elle entre pénètre les linteaux d’un cadre-lit dont la toile vierge oblige l’adhésion au pacte méphistophélique du maître en félixité. Rien n’arrête ses prises où tout biche puisque ses sirènes se laissent aller à des bains de sièges afin de remonter le courant de la vie où la truite saumonée et le menu fretin frétillent.

 

cauda 3.jpgLe peintre poète offre une belle leçon d’inconduite forcée du haut de son "quoi d’autres sinon la peinture ?". Garance, lapis-lazuli, malachite, terres de Chypre ou de sienne : tout est bon pour les cuisses et les épaules nord et sud des écorchées vives dont le ventre s’anime du thorax au pubis pour le seul exercice digne des vivants et des artistes.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jacques Cauda, « Peindre », Tarmac éditions, Nancy, 2018, 72p., 15 e..

 

 

 

 

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