gruyeresuisse

26/10/2018

Philippe Schibig et les fourmilières.


Schibig.jpgPhilippe Schibig, « Dessins », Galerie Anton Meier, Genève, du 8 novembre 2016 au 26 janvier 2018.

Philippe Schibig est né en 1940. Il passe sa jeunesse à Genève et à Zoug, fréquente pendant quelque temps l’école des arts à Lucerne puis se forme au dessin en autodidacte. Il vit depuis 1957 à Lucerne, Zurich et Genève. Pratiquant principalement le dessin au stylo à bille, ses oeuvres sont surpeuplées de traces – au besoin pour exhaler ce qu’on a sur le cœur. Explorateur de l’ici même, Schibig met dans ses dessins sa peau, son émotion. Il crée des narrations de vieux songes qui reviennent frais comme des gardons. Le monde est confus mais l’artiste tente d’y mettre de l’ordre là où tout reste en équilibre instable. Et c’est ce qui est le plus passionnant dans ses œuvres qui redeviennent parfois plus sages.

Schibig 2.jpgDemeure toujours une traque à travers les signes et les griffures. Dessiner au stylo ne se limite plus à la graphie sur le blanc mais la biffure dans le noir. Pour que les traces vibrent d'un bourdonnement d'insectes mais d'insectes qui ne disparaissent pas lorsque la lampe s'éteint. Il faut donc suivre les traces, les différentes traces, sans aucune préférence, mais faire le point dessus comme au petit bonheur. Reprendre à partir de là, où se donne du champ à un jambage. Puis relever la tête et déguster en silence ce que l’on vient de voir. L'image se multiplie, la scène reste trouble. Quelque chose bée puis se scelle à nouveau. Dans le genre c'est bien. Il est bon de pouvoir rêver parmi de tels errements - pendant ce temps leurs démons se seront assoupis.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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