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12/10/2018

Harry Gruyaert : les haricots dans le panier

Gruyaert.jpgLe photographe belge Harry Gruyaert essaye d’ordonner le désordre et de désordonner l’ordre : ordre du monde, des choses dont l’artiste se veut à la fois le maître et le valet : « Je suis attiré par les choses et les choses m’attirent”écrit-il pour définir sa recherche d’instants que le monde porte en lui mais aussi que l’artiste porte sur eux. C’est une manière de ramasser les haricots du réel parmi ses rangées auquel le photographe montre comment des lignes se croisent et se recroisent. Mais au bout de chaque prise les haricots sont dans le panier.


Gruyaert 2.jpgCelui qui revendique le terme de «photographe de rue» est un créateur qui pense et imagine le réel en couleurs pour transformer le document en compositions superbes et riches de poésie vagabonde. Des éclats de vie étonnent l’œil du spectateur. Mais il ne s’agit pas de “ coups ” ou d’esbroufe. Les escarpements s’habillent de légèreté.. A l’intérieur des contours, des prises, des cadrages se crée un labyrinthe où le regard en se perdant retrouve un relief inattendu.

Gruyaert 3.jpgGruyaert a compris qu’il ne faut jamais rechercher le prétendu marbre de l’identité supposée mais sa terre friable celle qui nous fait face dans le réel comme dans l’illusoire au sein d’un jeu de piste dont nous ne connaissons ni le point de départ, ni celui d’arrivée. Bref la photographie ne mène pas où l’on pense accoster.

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

17:54 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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