gruyeresuisse

05/10/2018

Leur nom : « Venice » – Michael Greco

Greco 3.jpgDepuis trente ans Michael Greco photographies les ovnis qui peuplent de « boardwalk » qui suit l’océan à Venice Beach. Tous ces personnages vivent à la fois ensembles et séparés. Ils remplissent et nourrissent les images de ce « ramblas » postmoderne non sans arrogance et pour exister. Greco s’en amuse mais sans impudence ni impudeur.. Il saisit la langue des corps en diverses poses et systèmes d’auto représentation.

 

 

 

Greco 2.jpgPassant de Los Angeles à sa côte, comme Duras, le photographe pourrait écrire : « je traverse, j’ai été traversée » par ces présences dans l’endroit d’une exhibition qui peut accorder à certains le sentiment d’exister. Pas d’idéologie chez le photographe : juste la grammaire élémentaire des corps en une sorte de liberté et d’oisiveté d’une vie matérielle qui ne se soucie plus de ses acquis. Chacun y crée son propre « livre » comme s’il n’y en avait pas en dehors de soi.

 

Greco.jpgInconsciemment les corps savent que, sans s’exhiber, ils ne connaîtraient rien de la vie. C’est un peu mince diront certains. Mais le photographe ne juge pas. Ce qu’il suggère n’est pas du fantasme mais un excès de réel. La perception elle-même devient le rêve au moment où l'ici-même de ceux qui longent le Pacifique s'éteint au profit de l'ailleurs dans cette lumière de l’Ouest ultime. Elle porte toujours en elle le désir d'un aller plus loin.

Jean-Paul Gavard-Perret

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