gruyeresuisse

14/09/2018

Hospice et fausse piste - Peter Stamm

stamm.pngAprès des années d’efforts et grâce à un héros désillusionné, le narrateur du livre crée un monde vivant face à un quotidien vide. Il n’a que répugnance pour une femme dont il attend le départ avec impatience. Mais c’est presque anecdotique étant donné la nature kafkaïenne du personnage en miroir d’un livre irrésumable mais au départ fort simple : un homme et une femme - sans chabadabada.

 

Stamm 2.pngArrive un moment où le narrateur s’aperçoit qu’il est aussi le héros d’un livre étrange :  les doubles se dédoublent là où un vieil homme éprouve un sentiment de répétitions et de résurrection impossible. Ce qui prend forcément l’âme chez un tel aristotélicien aboutit à ce que Lacan définissait comme « la pensée du manche ». Mais d’un marteau sans maître entre mélancolie et divagations, motions et commotions.

Stamm 3.jpgL’auteur suisse sort du registre du vrai comme du symbolique par transferts et répétitions pour de purs jeux de miroirs où une forme de fantastique déjuge toute tentation analytique entre vies parallèles et intercalées. Si bien que le personnage central et trouble se présente moins comme un héros de roman que le sauveur de la fiction en lieu et place de toute réalité concrète.

Jean-Paul Gavard-Perret

Peter Stamm, La douce indifférence du monde, traduit de l'allemand par Pierre Deshusses, Christian Bourgois, Paris, 144 pages, 15, 2018

09:21 Publié dans Lettres, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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