gruyeresuisse

27/08/2018

L’immoraliste Président Vertut

Vertut.jpg« Président Vertut », Galerie Laurence Bernard, 13 septembre – 10 novembre 2018.

Mathieu Vertut (aka Président du même nom) vit et travaille à Genève. « Chantre d’une économie artistique rationalisée, escroc impliqué dans des montages douteux au cœur de la crise financière, homme politique et fondateur d’une République de l’"extrême milieu" » comme le définit (avec raison) la Galerie Claude Bernard, l’artiste - grâce à son double - explore une diversité de mediums (de la B.D. aux objets métaphorique) afin de faire bouger bien des lignes tant de l’art et ses supports que la politique et l’économie. Le tout en s’amusant afin que le regardeur se mette à rire jaune.

Vertut bon.jpgContre ce qu’on nommait, il y a peu encore le « bling-bling », le créateur repousse les limites de l’image et de ses clichés. Il multiplie les extravagances dans la mouvance d’une exagération post-romantique en diversifiant des tournures intempestives dans chaque genre qu’il aborde.

Vertut 3.jpgLa stratégie est un refus de la fabrication du chef-d’œuvre. De la même manière le Président ne se prend pas pour un philosophe. Il évite « simplement » de réduire l’art à un cimetière. Il le ramène vers la jouissance et en évitant de prendre rendez-vous avec l’Absolu. L’impertinence des œuvres crée un univers moins de cire que de circonstance. Mais sous forme de bouffonnerie l’artiste bâtit avec plus de sérieux qu’il feint de le montrer une œuvre critique afin de mettre à mal la dictature de la raison et rendre non comestibles les pâtes idéologiques dont est confit le monde de l’art.

Jean-Paul Gavard-Perret

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