gruyeresuisse

17/08/2018

Le corps des arbres : Oksun Kim

Kim 2.jpgQui n'est pas poursuivi par le fantôme d'un arbre ? Autour de lui louvoie une forme de volupté. Souvenirs de la caresse du regard sur l'écorce. Désert de quelques mots. Bien d’autres choses encore. Oksun Kim le prouve à travers ses palmiers, cactus et divers arbres en apparence monolithiques. Ils trônent dans une végétation luxuriante qu’ils semblent dominer.

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Toutefois et à de rares exceptions près l’arbre n’est plus le totem phallique. Toute une végétation l’habille et prouve qu’il n’est rien sans celle qui lui fournit son existence. Elle lui donne son identité, ses racines. Manière de renverser habilement le deal entre féminin et masculin et de revisiter une certaine logique.

 

 

 

Kim 4.jpgLe livre rentre ainsi dans le silence de l’arbre et du monde dont il devient le symbole : nul besoin de le pénétrer pour comprendre sa présence à l’épreuve du temps. Selon une présence active pour son émergence, ses branches et de leur pluie font ce qu’il est. Si bien qu’entre passé et futur quelque chose se conjugue. Aller du tronc aux branches et à leurs lèvres végétales permet un passage, une lente infusion et un transfert propre à modifier nos axes de référence.

Jean-Paul Gavard-Perret

Oksun Kim, « Jeju Island », Hatje Cantz, Berlin, 2018, 45E..

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