gruyeresuisse

08/08/2018

Suspensions : Claudie Dadu

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Vus de loin - tant le « trait » est fin - les dessins de Claudie Dadu semblent des cadres vides. Il est vrai que l’artiste travaille avec un « résidu » corporel : le cheveu. Ce qui fascine est la capacité de reconstruction graphique que la créatrice en « tire ».

 

 

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Certes, et par essence, le cheveu est souple mais encore faut-il le transformer en mouvements capables de donner à Duras, Sagan et autres femmes (entre autres les fameuses « salopes » qui luttèrent pour la légalité de l’avortement) une manière de faire l’éloge de celles qui contribuèrent à la grande libération du XXème siècle car pour la première fois de l’Histoire la femme reprenait ses droits sur son propre corps.

 

 

Dadu 2.jpgCette économie de moyen crée une grâce poétique et graphique rare. Organique, la « ligne » incarne par elle-même le sens d’une telle recherche. S’y traduit - avec un détournement habile de la sensualité et de l’humour - l’aspect charnel d’un discours où le corps qui devient celui de l’art. Preuve que la création peut tenir à un cheveu selon une poésie intempestive où le réel prend pied sous l’écume des jours selon une forme d’utopie activiste. Elle permet à la dessinatrice de traiter ses louables obsessions avec détachement et par la bande.

Jean-Paul Gavard-Perret

Claudie Dadu, Litterature Mineure, Maison Dagoit 2018, 8 E..

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