gruyeresuisse

05/08/2018

Patrick Lichfied : le corps en pente douce

Lichfield bon.jpgPatrick Lichfield montre ce qui reste lorsque le réel est dégagé de tout emmerdement et que l’obstacle du vide est franchi. Il « oblige » à entrer dans le vertige. Et quoi de mieux que l’aréole gonflée du sein de la passagère d’un taxi à New York ou les ailes artificielles d’un ange rattaché à un crochet et dont le corps repose sur le dos.

Lichfield 2.jpgLe photographe éloigne le sens désolant de la réalité en de telles pentes douces. Il prend le parti du rêve aux intensités pacificatrices. Tout est alors possible : la nudité évoque le désir : il n’est que caressé au sein d’une solitude sans tristesse. Tout reste « calme, luxe et volupté » (Baudelaire) entre les parenthèses enchantées du suspens de tout sinistre. La lumière n’est plus l’illusion de la nuit mais le vertige d’un monde dégagé de ses vicissitudes.

 

 

Lichfield.jpgLe réel n’est plus le mur où le voyeur se cogne. Sa porte s’ouvre vers la beauté qui fascine (sans le plaisir qui tue). Soudain le voyeur n’a plus à peser ses fantasmes au trébuchet de l’inquiétude, à l’ajustoir des tourments. Sa conscience vétilleuse s’efface par l’éclair d’une folie de voir dont le grain légende le monde. Et ce des premières lueurs de l’aube à celles du crépuscule. Lumière que lumière en quelque sorte par la sève des corps.

Jean-Paul Gavard-Perret

Patrick Lichfield, « Heatwave », The Little Black Gallery, Londres, Aout 2018.

Les commentaires sont fermés.