gruyeresuisse

21/07/2018

Sarah Michelle Riisager et les incertitudes

Riisager 3.jpgSarah Michelle Riisager est une artiste danoise qui travaille dans les champs de la photographie, la vidéo et la sculpture. Elève de la « Fatamorgana », l’école de la photographie de Copenhague, son appareil fut d’abord un moyen de supporter la mort de son père. Elle part ensuite en Ecosse finir ses études de photographie ) la « Glasgow School of Art ». Depuis elle ne cesse d’exposer dans son pays d’origine puis d’adoption mais aussi aux USA, en Chine et en France à Arles pour festival Les Rencontres de la Photographie.

 

Riisager 2.jpgModeste, l’artiste ne prétend pas révolutionner son art, mais l’empathie qu’elle porte aux modèles lui permet de s’en approcher au plus près. D’où cet intimisme particulier avec les êtres comme d’ailleurs avec les lieux. Entre monumentalité et immersion elle insère le regardeur en une telle proximité. Refusant l’ornemental, l’œuvre se teinte de sévérité mais aussi de douceur et parfois d’une discrète ironie.

 

 

 

 

Riisager.jpgExiste une manière de voir sans se soucier de l’exquis. Ce dernier pourtant ne s’efface pas là où la narration comme le symbolique errent. Une certaine chaleur jaillit de la froideur des lieux.  Evitant toute surcharge les oeuvres prennent une valeur hypnotique. Elles ne cherchent pas à résoudre au sein de leur rébus divers types de leurres. Entre rapprochement et extinction de l’apparence émergent des présences non sans mystère. Des histoires montrées ou racontées ne restent que des indices. L’image n’émarge pas mais émerge de « cette hypocrisie merveilleuse dans lequel elle se perd elle-même » ( D. Mémoire).  Elle ouvre  à une relation d’incertitude en un parcours qui est moins de l’ordre de la mollesse que de la “pointe”.

Jean-Paul Gavard-Perret

Sarah Michelle Riisager, « Frozen », Brothas Editions, Copenhague, 2018.

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