gruyeresuisse

19/07/2018

Jacques de Backer : Hulot et les autres

Da Backer.jpgLes bords de mer permettent à Jacques de Backer d’instaurer de nouveaux rapports entre le portrait et le paysage. Prises sur le vif, ses photographies créent un univers drôle et poétique totalement dans l’esprit des irréguliers belges de l’art - de Magritte à Marien (entre autres). S’y retrouvent de manière parfois incisive les univers de Tati ou Sempé. L’immensité des angles n’empêche en rien le sens du détail ou de l’intimité - par exemple de baisers volés.

Da Backer 2.pngLe quotidien se trouve métamorphosé avec un aspect quasi intemporel et quasiment surréaliste là où l’importance de la lumière demeure capitale. Se crée un univers de jeux ou d’occupations secrètes là où au détour d’une plage demeurent des moments suspendus au-dessus du vide des jours. Les histoires sont racontées par le bas. Et cela nous ravit, nous capture. Le photographe capte l’amour quand il passe. Il évoque ce qui n'est pas vraiment mais qui existe pourtant et demeure en instance de désir.

DaBacker 3.pngLes images ne sont pas là pour le dire : du moins pas en totalité. Presque rien ne (se) passe, mais le presque est un tout. Il emporte sur son passage. Ce presque s’appelle le sentiment. Mais pas seulement : existent d’autres éblouissements, d’autres divertissements pascaliens où les estivants semblent se couper du monde tel qu’il est. L’œuvre reste un philtre mystérieux qui unit et sépare. Elle n’a pas d’âge et permet de repasser vers des images vivantes. La mer monte dans une motricité et émotion particulières. Elle prouve qu’avec le temps tout ne s’en va pas mais revient.

Jean-Paul Gavard-Perret

Les commentaires sont fermés.