gruyeresuisse

18/07/2018

Les « je suis » de Géraldine Lay

Lay top.jpgDu réel en haillon, Géraldine relève la donne. Elle retient le e muet ou le h aspiré d’une enseigne lumineuse. Elle saisit les impasses et les quais, les parcs au lever du matin, des être aux ans presque fanés quel que soit leur âge ou leur sexe.

Lay bon.jpgIl y a sans doute parmi eux des porteurs de hallebardes, des sans voix parmi les voies, des belles au bois endormies dans les bus , des supporters, des baptisés, des circoncis, des Méphisto fait d'aises, des fantômes, des hallucinés, des chauves à l'intérieur de la tête, une nyctalope, un insomniaque rêveur.

Lay bon 2.jpgPour autant la photographe crée une succession de rideaux sur tout ce qui serait impudique même si son travail tourne autour de l’intime. En off peut imaginer s’entendre une chanson des Beatles ("Let it Be") ou une des Rolling Stones ("Let it Bleed). Le monde est là sans fragrance mais avec acuité. C’est la poésie de l’existence. La femme n’est plus abstraite. L’homme idem. La première n’est plus traitée en complément indirecte du second ou en danseuse de claquette. Chacune, chacun sont nos sosies et notre doute suprême.

Jean-Paul Gavard-Perret

Géraldine Lay, « North End », Editions Actes Sud, «Impromptus », Editions Poursuite.

 

 

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