gruyeresuisse

05/07/2018

Ondine aux chandelles – Lucile Littot

Littot bon 2.jpgBoudeuses ou rieuses les femmes de Lucile Littot sont les héroïnes de fables ou de films pas forcément muet dont le temps trouble est fabuleux. Existe a priori de fabuleuses légendes mais néanmoins elles se retrouvent décaties et en loques. L’artiste a fomenté son univers du côté d’Hollywood et son imagerie s’en ressent. Il existe du Sofia Coppola ("Marie-Antoinette") dans ses excès et débordements de vicissitudes décadentes.

Littot bon.jpgLes mythes féminins qui surgissent sortent de tous les étages de l’histoire de l’art - de la Renaissance à l’âge d’or du Technicolor façon Nathalie Kalmus. Sous couleurs pastel et enchevêtrements baroques des céramiques,  jaillissent l’excentricité d’installations et l’étrangeté des performances. Les décors kitsch cachent - enfin presque - des craquellements sourds er des fêlures profondes.

 

 

littot bon 3.pngDans les peintures comme dans les scénographies de la plasticienne des amazones jaillissent de la cour des Médicis ou d’une boîte des Années Folles. Il y a là des femmes haves et blêmes, un âne étonné au milieu de mobiliers impérieux dont  l'état est douteux sous leurs éléments architecturaux. Un lit est peut-être nuptial mais un doute subsiste même si à ses pieds trône une robe abandonnée. Dans tous les cas la fête est finie ou presque. Et quelle qu'en fût l’issue les yeux sont las. Et le corps fatigué. Il y aura personne aux messes du matin ou sur Sunset Boulevard.

Jean-Paul Gavard-Perret

a voir site : lucilelittot.com.

 

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