gruyeresuisse

01/07/2018

Drôles d’oiseaux mais pas que – Ruven Afanador

Afanor 2.jpgRuven Afanador explore de manière ludique et érotique un monde hispanisant eavec un humour qui fluidifie une certaine brutalité et pimente l’innocence (jouée) des Dulcinée du Toboso et d’hidalgos ambigus passablement toréadors. Surgit un monde onirique aux effigies et poses mystérieuses. Le corps est le dénominateur commun de scènes chorégraphiques. Celui des hommes devient une fleur, celui des femmes un volatile.

 

Afanor 3.jpgCela permet de présenter des images à la fois les plus anciennes et les plus neuves à travers certains outrages agencés de manière subtilement perverse. L’artiste rappelle ce qui unit et désunit le corps en refusant d’effacer ce que la vie sécrète et ce que la mort pourrait dissoudre au moment des corridas. Il faut donc accepter la confrontation avec la proximité outrageuse des tels oiseaux et fleurs. Reste leur « Passion » au sens christique mais détournée du terme.

Afanor.jpgEven Afanador ouvre à la béance oculaire. Les deux orbites "disent" la prise du spectateur dans un regard qui devient le confident d’opérations les plus secrètes soumises à des stéréotypes soudain sont renversés. Parfois au sein de la drôlerie une mélancolie transcendentale s'exprime. Elle semble de nature à traverser la vision du spectateur jusqu'à atteindre un arrière-oeil, un arrière monde : peut-être celui du royaume des légendes où comme Don Quichotte nous devenons chevaliers errants.

Jean-Paul Gavard-Perret

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