gruyeresuisse

24/06/2018

Les impromptus de Jean-Luc Manz

Manz.jpgJean-Luc Manz, « Cosmos », Palais de Rumine, Lausanne, du 2 mai 2018 au 6 janvier 2019.

Entre monumentalité et immersion Jean-Luc Manz, ancien élève de Gerhard Richter, perd le regardeur dans des « grilles » de lectures. Il le met au pied du « mur » dans un Cosmos qui prend un sens particulier. Fidèle à une dureté et une abstraction, l’«élastogénèse » chère à Richard Texier suit cependant son cours là où la volonté ornementale est détruite dans ce qui tient d’une forme de sévérité et d’humour.

Manz 3.jpgL’agencement des formes et de couleurs rappellent autant Ellworth Kelly que Barnett Newman, voire Matisse et l’art de la mosaïque islamique. Sous couvert d’unité de façade les peintures luttent contre une manière de voir sans se soucier de l’exquis. Il fait néanmoins retour de manière impromptue. L’œuvre par ses blocs et échafaudages reconstruit un cosmos selon une voie qui n’a rien de narrative ou symbolique.

Manz 2.jpgLe Lausannois ramène l’art à ses « vivants piliers » par ce retour à un essentialisme pictural et graphique et un alphabet plastique premier et crypté. S’y retrouvent des archétypes minimalistes mais colorés et où les cadres insérés dans le cadre créent des panneaux aussi percutants, incisifs que drôles et insolents. Une telle pratique tient d’un principe et de la variation au moment même où l’image elle-même est traitée en découpage et démembrement afin de circonscrire des “ visibles ” perdus ou enfouis.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

14:05 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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