gruyeresuisse

19/06/2018

Femmes au bord de l’intime - Senta Simond

Senta Simon.jpg

 

C’est en référence à la technique du portrait par Eric Rohmer que Senta Simond a intitulé son denier livre de photographie « Rayon vert ». Il fait référence aussi à un procédé optique du même nom. L’artiste propose une vision de la femme selon des angles rarement conventionnels. Pour autant l’objectif n’est pas de choquer mais de produire un effet de beauté particulière.

 

 

 

Senta Simon 2.jpgL’artiste joue d’une forme de connivence avec les modèles. Ce qui lui permet de toucher à leur intimité pour en surprendre l’impeccabilité plastique et non de faire d’élever des châteaux de cartes de fantasmes et de faire croire à une désirabilité complice. Photographier revient à disposer le corps en positions toujours plus incertaines : pour le lire à l’envers, lire ce qui n’est pas dit pour une présence plus prégnante loin de la seule expertise de la chair.

Senta Simon 3.jpgSenta Simond atteint la « choséïté » (Beckett) de poses inductrices de subtilité à lectures multiples. Elles ne s’épuisent pas afin de laisser libre court à un processus ouvert : ce dernier ne cherche pas à convaincre d’une vérité. Le corps tombe autant vers le haut que vers le bas. Il se retrouve en ses poses parfois drôles ou spectrales pour retourner au besoin au natal et l’enfance.

Jean-Paul Gavard-Perret

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