gruyeresuisse

07/06/2018

Nadira Hussain de l’autre côté de la frontière

Hussain.jpgNadira Hussain, « Pourquoi je suis tout bleu », Villa du Parc, Annemasse, du 30 juin au 22 septembre 2018/

Artiste française d’origine indienne Nadira Hussain est installée à Berlin. Ses images mixent techniques et motifs des cultures traditionnelles indiennes et populaires occidentales. Se crée une suite d’errances et de déambulations. Par une telle hybridation la représentation féminine est mise en exergue de manière ludique mais non sans suggérer un potentiel social.

 

Hussaain 2.jpgLe bleu dont il est question est inspiré Schtroumpfs, divinités hindoues, avatars, cybers women, amazones de la culture cyberpunk et underground. Ce bleu efface les distinctions de peau et sont aussi un moyen de déchirer l’ordre masculin et les classifications politiques genrées. La « fantasy » rejoint un espace plus proche de nous par l’interaction entre l’intellectualisation et la sensation la plus profonde. En ce sens Nadira Hussain transcende l’herméneutique impuissante à saisir la matière du vivant. La contester pour elle revient à donner naissance à une humaine nouvelle.

Hussain 3.jpgDessins au mur, sur tissu ou carreaux de céramiques, oiseaux venus en volées de la poésie soufie persane et personnages mythologiques empruntant à la tradition musulmane et à l’histoire de la bande dessinée créent une effervescence. Toute misogynie est exclue. Les femme telles des « créatures thérianthropes enceintes de personnages de bande dessinée, et autres personnages aux membres démultipliés » créent un monde où les minorités ne sont plus réduites ou écartées.

Jean-Paul Gavard-Perret

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