gruyeresuisse

29/05/2018

Julie Peiffer et les jeunes filles en fleurs

Pfeiffer 4.pngPresque impalpables les silhouettes de Julie Peiffer mettent à nu une présence qui sous le voile d’une presque nudité demeure masquée. C'est pourquoi l'artiste a tant de mal à figer chacune de ses modèles de manière définitive. La manifestation de la féminité prend chez elle un grain particulier. La sensualité reçoit un aspect intime par effet de surface dans le gris, parfois un monocolore rouge abstractif ou encore les couleurs.

Pfeiffer.jpgLa photographie dans une telle approche ne se cache plus derrière un sujet qui par excellence la vampirise. Mais Julie Peiffer maintient le féminin dans une ambiguïté. Aux effets de lumière s’ajoute une qualité particulière des poses : elles jouent parfois de l’audace, parfois de la pudeur. Surgit une étrange matérialité de l’impression qui reste « sourde » au simple fantasme.

Pfeiffer 3.jpgIl s'agit de questionner autant le féminin que son rapport à l’autre. Néanmoins une certaine solitude perdure. L’artiste indique une sorte de frontière là où surgit des insinuations particulières allusives. La femme prend une valeur d’icône conjuguée au quotidien. La visée psychologique disparaît. Les femmes restent perdues ou anonymes dans leur décor. La complexité et la complicité des prises les saisissent au sein de la fixité ou du mouvement. Tout reste sous-jacent pour mieux avancer. Mais comme sur des œufs. Il ne faut rien briser.

Jean-Paul Gavard-Perret

Œuvres visibles à la Paul Steward Gallery, Paris.

15:21 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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