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26/05/2018

Jef Gianadda : les formes et leurs contraires

Gianadda 1.jpgJef Gianadda, « Peintures et sculptures », Espace 52, Saint Sulpice (Lausanne), du 24 mai au 7 juin 2018.

Au sein même de ce qui peut ressembler à une sorte de ruine il n’existe plus d’abîme. Jef Gianadda les redresse, y insère des tractions et poussées. Vagues fixes et ramifications proliférantes fascinent par la manière dont l’artiste les « stylise ». Surgit une matière de jouissance, une émotion intense, emmêlement de convergences.

 

 

Gianadda 3.jpgLe partage ne se fait plus entre l’ombre et la lumière ni entre le dehors et le dedans mais entre des éléments qui se rapprochent sans se fondre même si leur place n’est pas la « bonne ». La fixité est trompeuse dans un tel mariage là où le terme de matrice reprend tout son sens. L’artiste croit à la spontanéité du geste mais aussi au travail afin de montrer l’indicible qui se cache derrière les "choses".

Gianadda 4.jpgEt Gianadda oeuvre beaucoup. Il détruit sa facilité avec brutalité afin d’atteindre l’intensité. Ne subsiste que l’essentiel. Il fait la marque de fabrique d’une œuvre dont le formalisme est un piège subtil. Une intimité naît à la faveur des recoupements. Les courbes, les arêtes, les ravins, les promontoires créent des intimités où existent toujours des secrets à connaître, à découvrir. Le regardeur peut y perdre pied comme certains le perdent dans l’amour. L’ordinaire devient extraordinaire par transposition et élection d’un étrange tropisme.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

15:45 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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