gruyeresuisse

21/05/2018

Les débuts de Martin Parr ou les tremblements du sens

parr 2.jpgMartin Parr déloge le rapport orthodoxe du réel à l’image pour créer une suite carnavalesque des êtres en diverses situations. Les sujets abordés sont sérieux mais le photographe introduit le quasi délire, la parataxe, l’ironie par sa façon de saisir les circonstances où les personnages - pétrifiés ou non - semblent sortir de leur propre limite sans qu’ils le sachent.

parr.jpgDe telles prises mettent le portrait au-delà du psychologisme. Dans ces photographies tirées des premières séries de Parr - « The Non-Conformists, Bad Weather, Beauty Spots, A Fair Day, The Last Resort: Photographs of New Brighton » (première série en couleurs) - les faits deviennent presque hallucinatoires et toujours drôles. Il sait saisir les êtres sans pour autant les prendre en otage.

parr 3.jpgExiste une dramaturgie toujours drôle loin des principes ou idéaux. La réalité est là où les thèmes de la classe sociale, de la culture et des loisirs de masse ne sont jamais traités de manière surplombante. Nul jugement mais une attention ironique et bienveillante. Loin de toute idéologie l’artiste s’intéresse à la plasticité et au sens à lui accorder en étant attentif aux autres. La photographie ne les tue pas : paradoxalement elle les exhausse au moment où la vie pour eux est plus ou moins belle dans l’espérance que l’avenir dure longtemps….

Jean-Paul Gavard-Perret

“Martin Parr: Early Work 1971-1986”, Huxley-Parlour, Londres du 16 mai au 9 juin

 

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