gruyeresuisse

19/05/2018

Laure Gonthier : le blanc est une couleur

laure gonthier 2.jpgLaure Gonthier, « Bye Bye LillieHöök », Kisssthedesign, Lausanne, mai 2018

Si l’œuvre est toute d’humilité par sa substance elle prend une puissance sidérante par ses métamorphoses en profondeur et silence. La presque absence des choses trouve un aspect doux et dur d’éternité qui passe. Tout se dissout pour que demeure un souffle mystérieux et lumineux. Une force avance contre les ombres crépusculaires et indigestes. Reste la hantise de fantômes dont l’aura crée un sentiment de prise presque tactile sur ce qui nous est le plus proche, le plus immédiat, le plus intime.

laure gonthier.jpgUne "voix" humaine semble animée d'une mémoire susceptible d'ouvrir sur le futur en recueillant le passé et ses états de vestiges mais loin de toute prostration pathologique. Ce que le blanc pourrait sembler neutraliser fixe et rive le regardeur.

laure Gonthier 3.jpgEtrange pouvoir d’une telle œuvre : elle n'explique ou n'éclaircit plus rien. Elle définit le « décor » et implique des attitudes dans une sorte d'épure en sourde intentionnalité. Reste le blanc. Un blanc didascalique que nous entendrions presque nous dire : "J'allume. C'est pas bon. J'éteins. Je recommence. C’est mieux ». Le tout au sein des potentialités dans tout un jeu de reconnaissance et de disjonction. N’est-ce pas une sorte d'image ou contre-image de l'autorité de l’art sur la réalité ?

Jean-Paul Gavard-Perret

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