gruyeresuisse

02/05/2018

L’autre Istambul : Çağdaş Erdoğan

Erdogan.jpgÇağdaş Erdoğan, membre de l’agence photo indépendante « SO Collective », propose un Istambul inconnu : celui des nuits underground où se mêlent la prostitution, les combats de chiens, la violence des armes à feu voire les conflits politiques. Disparates ces éléments forment néanmoins un tout où se rejoignent tradition et modernité. Ces nuits aveugles se passent dans les quartiers pauvres de la cité. Ceux des Kurdes, des Alévis et des réfugiés au moment où l’armée et la police cherchent à éliminer de telles zones de dissidences.

Erdogan 2.jpgDans ces territoires et pour survivre, le peuple est souvent contraint à diverses trafics et combats. Les activités sexuelles appartiennent de plein « droit » à cet univers secret et interlope en particulier pour celles et ceux dont les orientations de genres et de pratiques ne sont pas les « bonnes ». Si bien que pour ces orgies nocturnes en milieux troubles des participants de toutes classes et milieux professionnels viennent moins pour se perdre que se retrouver.

Erdogan 3.jpgLe photographe ramène à un espace de la déposition s’agissant du corps en tant qu’objet de perte et de reconstruction identitaire. Le secret vient une fois de plus affirmer son autorité face à celle de l’ordre politique d’un autre Erdogan. Mais de quel corps s’agit-il ? De qui est ce corps ? Voilà les questions dangereuses puisqu’il s’agit de celles de la nature sexuelle qui mettrait en danger la société selon les légalistes. Pareil au jeune Igitur de Mallarmé descendant “ le caveau des siens ”, Çağdaş Erdoğan montre non une réminiscence sépulcrale mais la puissance de désirs que la société « main stream » de Turquie ne tolère pas.

Jean-Paul Gavard-Perret

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