gruyeresuisse

01/05/2018

Raymond Depardon : Bolivia « Si »

Depardon 3.jpgDans « Raymond Depardon : Bolivia », le photographe français réunit les photos (inédites) qu’il a réalisées dans ce pays entre 1997 et 2015. Le noir et blanc souligne la rudesse du paysage, les visages des paysans, les silhouettes des femmes et le mystère des traditions ancestrales. «Je suis attiré par ces montagnards, ces paysans et éleveurs qui vivent sur les hauts plateaux », écrit-il. Il existe pour l’artiste une manière oblique de retour à la vie rude qu’il a connu enfant dans ses propres montagnes.

Depardon 2.jpgLe photographe parvient à créer une fable grâce aux dégradés de gris qui donnent plus de profondeur à l’image. Nous sommes déjà dans la vérité parce que l'image du réel prend valeur d’icône. Elle pose son aura et la réalité de sa propre trace. D’autant qu’en saisissant des visages burinés Depardon ne donne pas une ride aux portraits. Il en sonde, même au cœur de la misère, l’espoir.

 

Depardon.jpgCelui-là guérit du temps afin de fonder une éternité particulière. Il faudrait à ce titre regarder les photographies de Depardon de manière paradoxale : les paupières closes et penser à leur sujet non au développement photographique mais au développement algébrique qui met à jour dans une série tous les termes qu’elles renferment, penser aussi au développement géométrique qui permet de visualiser sur un seul plan les faces diverses d’un même volume géographique mais qui le dépasse pour renvoyer à d’autres espaces

Jean-Paul Gavard-Perret

Raymond Depardon: Bolivia , Publié par la Fondation Cartier et Actes Sud, 2018, 39€

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