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01/05/2018

L’œuvre non-sensique d’Olivier O Olivier

olivier.jpgOlivier O Olivier, exposition, Galerie Sonia Zannettacci, Genève, du 3 mai au 30 juin 2018 ;

Pierre Marie Olivier - suite à un conseil d’Arrabal - prit le pseudonyme d’Olivier O Olivier. Il appartint au Collège de pataphysique dès 1953 et entra aux Beaux-arts de Paris en 1954. Il y apprend tous les éléments des techniques artistiques dont il devint un virtuose. Mais très vite il sort de la tradition sous l’influence de Topor et d’Arrabal : il rejoint le groupe « Panique » fondé l'année précédente avec Alexandro Jodorowsky.

Olivier 2.jpgTout en se tenant loin des surréalistes, le groupe cultive l'absurde, la dérision, le rire l’angoisse que l’artiste porte au plus haut point. Ses œuvres loufoques dont « Les Chasses de naphtaline » (une main avec des filets attachés à chaque doigt) créent un fantastique léger et pernicieux, des étrangetés discrètes dans lesquelles les apparences se dissolvent sous un aspect faussement réaliste. S’y joue du piano à l'ombre de vagues gigantesques et les objets s'animent d'une vie autonome, délivrés au milieu de paysages urbains farcis de diverses présences étranges ou de changements de climat.

Olivier 3.jpgPour l’artiste dessiner revient à donner de l'existence à ce qui n'en a pas encore – ou plus. Le dessin précède la pensée, l'anticipe, pénètre des lieux inconnus. Le créateur met à mal, par son imagination, les images connues et reconnues. Farcesque et facétieux, il devient le plus profond des philosophes et fait sien la règle d’une sorte d’obscénité au second degré. Son art reste un rire qui témoigne d’un profond amour de la vie. Il permet de créer les mensonges de plus en plus gros mais toujours rattachés à la réalité. Comme l’écrivait Topor « ils tapent dans le mille, au pif ». Mais ce hasard n’a rien de fortuit au sein de structures des sophistiquées en ce qui semble la simplicité même.


Jean-Paul Gavard-Perret

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