gruyeresuisse

15/04/2018

Annabel Aoun Blanco ou l’image qui revient

Blanco Bon.jpgA travers ses récentes photographies la Genevoise Annabel Aoun Blanco adresse une lettre d’amour qui ne s’écrit pas. L’image qui revient en sortant des linceuls des effacements demeure néanmoins une énigme. Si bien que cette supposée lettre nul ne peut-dire à qui elle est- adressée. Dans les jeux d’apparitions qui viennent se coller sur le néant, les contraires se plaisent et se conjuguent. Ils sont nourris des paysages intérieurs de la créatrice en jonction avec les visages photographiés et dé-visagés. Demeure toujours une approche du passage du silence. La créatrice y semble délibérément seule. D’une ressemblance obscure naît une autre ; c’est une chute qui ne tombe pas.

Blanco bon 2.pngPar effet de variations, les photographies proposent néanmoins l’amour inoubliable du monde et des êtres. Existe une nudité de l’image et de sa "chair du double" dont parle Bernard Noël. Jonctions, déplacements, glissements créent une figurative tournée autant vers l’aube que le crépuscule. Demeure une légèreté adolescente qui ne peut se conquérir qu’au fil des années et une fois que se retire le joug de la “ science ” apprise. Des bruissements sont de l’ordre de l’écharpe, du secret. Reste l’instant répété de l’envol immobile. Ni le lointain, ni l’intime. Mais les deux à la fois.

Jean-Paul Gavard-Perret

Annabel Aoun Blanco, « Reviens », Galerie Elizabeth Couturier, Lyon du 5 avril au 5 mai 2018.

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