gruyeresuisse

12/04/2018

Pierre Alechinsky et Antonin Artaud en « repons »

Artaud 2.jpgA celui qui ne croit plus “ aux mots / à la vie / à la mort / à la santé / à la maladie : au néant / à l’être / à la veille / au sommeil / au bien / au mal ”, à celui qui “ croit que rien ne veut plus rien dire et que tout depuis toujours d’ailleurs n’a jamais cessé de me faire chier ” (Œuvres Complètes, XXIV, Gallimard) et qui opte contre la langue pour la glossolalie répond un des rares artistes capables d’être en symbiose avec lui : Pierre Alechinsky. Artaud a cherché des scansions, syllabe par syllabe et un langage où “ maumau ” se laisse envahir par des flux de pulsions phoniques et verbales. S’y mêlent une certaine drôlerie et surtout des formes de colère, de haine et de révolte.

Alechinsky.jpgA cette “ olophénie musicale ” (comme Artaud la nomme), à cette trépidation de forme épileptique du verbe répond les images d’Alechinsky. A leur manière elles rongent le logos qu’elles recouvrent en une sorte de fatras sur la fatrasie où elle repose afin d’ouvrir à une autre lisibilité et autre cartographie du réel. Dans ce jeu de « repons » deux danses du scalp se font écho. Elles s’excluent du jugement des pères et de celui de Dieu et de leurs repères. Ils sont évacués par deux corpus qui se fichent des lois coutumières.

Jean-Paul Gavard-Perret

Pierre Alechinsky et Antonin Artaud, « Le gi li gi li »,  Fata Morgana, Fontfroide le Haut, 2018, 20 p.

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