gruyeresuisse

11/04/2018

Les passants de Michel Haas

 haas2.jpgMichel Haas, « Entre deux ères, Œuvres choisies, 1990 - 2018 », Galerie Ligne Treize, Carouge, du 14 avril au 18 mai 2018.

Michel Haas invente d’étranges méduses dans des « habits » aux multiples couches. L’œil fait retour chez lui mais selon d’étranges portes. Existent aussi des princes du quotidien (fleurs à la main) qui semblent grimper des falaises collantes des murs en des techniques mixtes et divers monotypes.

Haas.jpgLes bustes semblent rêver de performance et d’allaitement le tout en tension et en équilibre. L’espace se nourrit d’épaisseurs. Elles sont parfaites pour ce type d’avatars qui n’ont rien de porcelaines sur le bord de la cheminée. Personne ne se demande s’ils ont été victimes de torture ou  furent des idoles indigènes aux hanches de déesse, car - et de fait - ils sont bien plus proches de nous que de la chimère.

Mais le tout crée un ensemble plus qu’intéressant afin de suggérer la précarité humaine. Il y a là des exilés faisant la queue sur la comète pour enjamber des barrières du réel dans leur gymnastique. De tels Neptune sont moins des bourreaux du bitume que des êtres qui nous ressemblent : inachevés ils tentent de dessiner un nouvel espace au gré du temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

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