gruyeresuisse

22/03/2018

Anja Ronacher : épuisement des images

Ronacher BON.jpgAnja Ronacher est toujours à la recherche d’images à la lumière "faiblissante", pour marteler de manière paradoxale le murmure du monde disparu ou présent. Cette mise en sourdine crée une poésie particulière. Tout se passe comme si l’artiste ne pouvant éliminer l’image solaire d'un seul coup, ne néglige rien de ce qui peut contribuer à la discréditer ou plutôt d’y creuser des trous noir afin que résonnent afin que des abîmes insondables de silence.

 

Ronacher 2.jpgPar épuisement, la créatrice autrichienne porte le langage visuel à une limite, à une limite musicale où surgissent un monde en blanc, un monde en noir où ne subsistent que quelques indices. Loin de toute propension océanique le monde demeure impénétrable, énigmatique en son presque vide létal.

Ronacher.jpgA la traversée ou la pénétration Anja Ronacher préfère la caresse afin de suggérer une extinction du monde. Elle prend à contre-pied tout ce qu'on attend généralement d'une image. Ce qui en jaillit n'ouvre qu'à un au-delà ou à un en-deçà du réel au moment où l’image semble échapper à ce qu’elle émet.

Jean-Paul Gavard-Perret

Anja Ronacher, Fotohof, Salzburg (Autriche), du 17 mars au 28 avril
Anja Ronacher, “Answer to Job”, Vucedol Museum, Vukovar.

 

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