gruyeresuisse

17/03/2018

Maurice Renoma détective

Renoma bon.pngMaurice Renoma aime jouer avec les images que proposent les désinformations en continu. Il entre dans leur cage ou leur fosse d’aisance pour inventer les prospérités du vice en ses « films » noirs par images fixes. Nul besoin pour cela d’épinette qu’on utilise en Bresse pour engraisser les poulardes. Il passe au mixeur de ses prises les films noirs américains un peu à la manière de Godard dans "Détective". Tout est classieux, impeccable et douteux pour faire avaler des couleuvres différentes de celle des médias.

renoma bon 3.pngMais le photographe s’amuse. Des femmes sont assises sur une chaise percée dont il vide le seau des secrets. D’autres rousses et à la peau rose thon semblent des vestales : leurs deux groseilles sont pour leurs maquereaux. Exit les journalistes de télévision. C’est du Buster Keaton à la sauce « Dahlia noir ». Les malfrats jouent les gros bras mais il est fort à parier qu’il s’agit de déficients mentaux. Ils ont auprès d’eux des Iris messagères des Dieux. Mais ils n’en font pas des bouquets et compressent leur l’argile aux endroits qui ne réclament pas.

Renoma bon 2.jpgCe ne sont donc pas des Rodin mais des scieurs de rondins  ou des Norman Bates dans Psychose. Leur seule marotte est souvent la fellation. Se prenant pour de pus sex-toys ils ne dorment que le jour  : d’où leur aspect hirsute et moche. Certaines femmes les attendent dans le coffre de la voiture où ils les ont ligotées avant d’espérer les noyer. Mais ils ne comprennent même pas qu’elles les roulent non seulement dans la farine mais vers la mort. Preuve que les planques de Renoma ont porté leurs fruits souvent verts et parfois pourris.

Jean-Paul Gavard-Perret

Maurice Renoma, « Série Noire », Souplex Renoma, Paris XVI ème, du 13 avril au 13 juillet 2018.

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