gruyeresuisse

15/03/2018

Les attractions presque immobiles : Lara Gasparotto

Gasparotto 3.jpgAu fond de l'ennui, l'ennui lui-même est donné comme présence absolue au moment où la photographie devient un presque rien essentiel dont - qui sait ? - nul ne se remet vraiment du moins pas en totalité. Ce qui ne veut pas dire pour autant que la photographie ne renvoie pas à la réalité. Entre pluie d’hiver, pluie d’été demeurent des cheminements sans but ou une incertitude de chemins fait de « restes » imprévus en diverses errances.

Gasparotto 2.jpgL’image n’est plus simulacre, relique ou écran mais objet de connaissance d’une proximité ignorée et qui se délite. Et soudain la photographie ne se quitte pas : elle enchante paradoxalement même si elle ne sauve rien. Son labyrinthe se parcourt en toute sa surface et ses moindres recoins pour essayer non de s’en sortir mais d'estimer de quoi nous sommes « faits ».

Gasparotto.jpgL’ennui est toujours là. Mais parfois l’extase n’est pas très loin. Puisque de chaque prise quelqu’un en sort sans dire qui comment. Chaque prise sort de la sphère du document afin d’entrer dans la poésie pure. L’humain demeure central même lorsqu’il n’est pas « dans » l’image de celle qui capte le réel afin de lui donner sinon un sens ou du moins sa consistance défaite mais toujours à reprendre.

Jean-Paul Gavard-Perret

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