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14/03/2018

Jean-Claude Bélégou : « dire » les corps ou la communauté avouable

Belegou 2.jpgJean-Claude Bélégou lorsqu’il saisit les corps nus, les sort de l’anecdote sexuelle. Il pose la question insondable du lieu où finit l’âme et où le corps commence. Il prouve aussi et combien il n’existe pour autant jamais, là, de frontière précise.

C’est sans doute pourquoi réside en de telles prises la « pietas » romaine bien différente de la piété qui en a découlé. La première est le lien majeur, un sentiment de tendresse, un dévouement réciproque, une communion. Dans de telles photos celle-ci se noue.

Belegou 3.jpgLa chasteté n’existe plus sans pour autant que la lubricité s’empare de sa place. Nulle « souillure » mais le respect, l’abandon, une délivrance en rien obscène ou obséquieuse. Le corps devient pratiquement une cosa mentale mais  va bien au-delà. Emergent l’expression quasi « morale » de l’âme par le corps et l’émanation d’une forme de disposition psychique à l’instant du partage. Bélégou reste donc un des rares photographes à présenter l’invisible dans le visible au sein de l’hospitalité mutuelle de l’amour.

Jean-Paul Gavard-Perret

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