gruyeresuisse

07/03/2018

Les paradoxes « âminés » de Jessica Rispal.

Rispal.jpg

 

Aucune trace de péché ou de culpabilité ou de puritanisme n’assombrissent les images de Jessica Rispal. Elle photographie surtout des femmes de diverses "aimantations" et sous plusieurs aspects. Bondage, images de charme, de tournage, lesbiennes et hétérosexuelles cohabitent au sein du champ d’émancipation et d’extension du domaine de l’éros. Certaines ont les cheveux tondus comme des esclaves sans pour autant se mettre au service des hommes.

 

 

 

Rispal 2.jpgA cause de leurs supposées amours elles semblent soumises par leurs choix drastiques à une certaine solitude. Les images ne cherchent jamais à choquer : elles illustrent néanmoins les audaces voluptueuses d’une puissance sexuelle de démones. Elle ne manque pas de « virtus » (virilité) sans perdre une once de leur féminité. Qu’importe les happy ends et la chasteté. Sans pour autant appuyer sur l’aspect « fornicatif » ou dramatiques. Bien au contraire.

 

 

 

Rispal 3.jpgLes femmes sans refuser de se soumettre («éventuellement) aux demandes sexuelles ne les appellent pas de leurs vœux. Les jeux sans êtres pieux cultivent d’autres vœux. L'objectif reste avant tout de créer réponses et apports à l’esthétique de celle qui les scénarise. Elles deviennent les complices officielles de Jessica Rispal. Celle-ci traque avant tout leur et la beauté qui deviennent paradoxalement une expression morale de l’âme. Preuve que l’artiste invente de nouvelles Phèdre, Médée, Vénus voire des Pénélope – mais plus Cruz que d’Ithaque dans des cérémonies voluptueuses à la légèreté parfois vintage, parfois postmoderne.

Jean-Paul Gavard-Perret

https://www.jessicarispal.me/

 

Les commentaires sont fermés.