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06/03/2018

Deborah de Robertis : « Pauvre Belgique » (Baudelaire)

Deborah.jpgLes conférences TEDx sont devenues des « places to be ». Le BOZAR de Bruxelles a sacrifié à la mode. Une star des médias était chargée le 5 mars d’animer une soirée sur le thème : "A brave new world" ("Le Meilleur des mondes") et devait présenter des intervenants haut de gamme. Se trouvaient là hommes et des femmes d'affaires, philosophes, scientifiques et l'artiste Deborah De Robertis. Et c’est là où le bat blesse…

Deborah 3.pngLa performeuse luxembourgeoise est désormais crainte pour ce que les idiots prennent pour des frasques (cf. ses interventions parisiennes aux musées du Louvre et d’Orsay). Montant sur scène pour présenter son travail et proposer une performance elle a été manu militari expulsée de la scène sous un silence ambigu : certains pensaient même que cela faisait partie de la performance. Un homme est monté sur scène pour fermer les jambes de la femme (habillée) au moment où elle était entourée de danseurs qui entreprenaient de lui couper les cheveux et que sur écran géant était expliquée sa démarche ou diffusées des « images de son vagin" (ce qui est un peu expéditif et approximatif).

Deborah 5.jpgLe présentateur a repris la parole pour expliquer que les images projetées étaient inappropriées et que l’artiste n'avait pas respecté ce qu'elle avait signé." Deborah De Robertis a été entendue par des policiers qui ont parlé « d'un désaccord entre les organisateurs et les artistes et un procès verbal a été dressé pour coups et blessures". Néanmoins un communiqué diffusé sur le site internet des conférences TEDx, précise que le geste du videur est "profondément inapproprié". Les propriétaires de la marque ont retiré à l'auteur de cet acte sa licence d'organisateur des conférences "TED" à Bruxelles.

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Deborah de Robertis prouve néanmoins combien la nudité même en observation et analyse demeure problématique. Difficile à l’artiste de distiller son discours dont le trouble n’est pas celui qu’on croit. Le fantasme n’en est pas le propos, il demeure absent. Et existe tout un détournement ou une inversion par la caméra de ce que le sexe non rend visible mais voit. Des cadavres de l’art Deborah de Robertis veut toujours extraire la lumière afin que les diables du passé soient mis devant leurs exhibitions. Pour cette conférence l’artiste se contentait pourtant de peu. Mais ce peu était encore trop. On aurait aimé de la part du public plus des réactions. Il resta abasourdi ou sonné : nul ne sait si ce fut par le propos ou par ce qui l’a suivi.

Jean-Paul Gavard-Perret

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