gruyeresuisse

26/02/2018

Human Chuo : de la contrainte comme principe

Chuo 2.jpgEntre Orient et Occident Human Chuo cultive des images de l'outrage : phallus, utérus sont là dans tout un jeu de désir et de contrainte où sont redistribués les rôles de proies et de limiers. Dans les bondages et les cérémonies martiales comme dans ses dessins la jeune artiste est tout sauf une nature morte. Elle reste un fauve placide qui donne à l'érotisme dans lequel les émois du corps mais aussi ceux du cœur battent dans une chambre d'ombre et d'ambre aux meublés laqués.

Chuo 3.jpgNéanmoins la plasticienne sait rendre soit décent ou drôle les actes les plus impies. Il n'y a rien de trash ou de violent. Preuve que décaler les formes crues ne les trahit pas. L'obscène n'a donc rien d'indigne, de grossier ou de lourd, sauf bien sur aux perclus de rhumatismes mentaux. Ils craignent, la vie redoublant lors de l'activité libidinale, de nouvelles douleurs. Mais celles-ci revigorent récits et prestations scéniques.

Chuo.jpgNul besoin ici de choisir entre Vénus et Mars : la première gobe le second ou s'en amuse. Il devient esclave de celle qui en fut la victime. L'amante même ficelée relève les bras et sa passivité dite originaire n'est plus qu'une vue de l'esprit. La jouissance féminine ignore l'effroi et jouit de ce qui infuse. Nulle terreur dans la pamoison. Les maîtresses de cérémonie se moquent de leurs intrus devenu sex-toys pour leur fornication. La bête nue des fantasmes masculins devient divinité céleste des abysses. Même appât elle se transforme en chasseresse.

Jean-Paul Gavard-Perret

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