gruyeresuisse

26/02/2018

Carol Riu et les douceurs satellites

Riu 4.jpgGrace à ses dessins Carol Riu transpose le trouble de la féminité. Il rappelle aux mâles (mais pas seulement) qu’il faut chercher une autre image derrière celles que l’on est habitué à voir. La créatrice en déplie littéralement le film, le regard latéral, l’attente sidérée en un récit ou leporello qui tient de la fascination et de la complexité.

Riu 2.jpgL’érotisme lui-même entre en mutation. Il est lié ici ni à la crainte ni à l’explosion. Le féminin déborde en fresque de visions qui n’ont rien de nocturnes. La femme prospère loin des « modèles » pour dire son vivant profond. Aérienne, Aphrodite nourrit ses propres vagues et étend son empire et ses attentes. Tout est à la fois clair et impétueux en de telles métamorphoses. La femme y règne en se moquant de la folie mélancolique du monde.

 

Riu 3.jpgCarol Riu impose aux formes connues son propre ordre et rassemble en celui-ci les jeunes filles aux eaux sacrées et aux envolées de mésanges. Elle retourne le « fascinus » loin des formes phalliques et de leur cruauté pour le remplacer par le séjour lumineux de douceurs presque marines.

Jean-Paul Gavard-Perret

Carole Riu, « Redessiner le monde », L’œil du Huit.

 

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