gruyeresuisse

25/02/2018

Johanna Reich : perdre-voir ou les apparitions ambiguës

Reich.jpgJohanna Reich fait de l’image « double » le message et le messager d’une identité où le rêve se mêle à la réalité. Et ce moins chez le spectateur lui-même que chez celle qui est saisit et dont le visage se trouve décalé par une superposition. Celle-ci crée une profondeur de vue à travers divers type de « matières » (celle de l’image, celle du corps où elle s’incruste et qui lui sert d’écran).Il s’agit d’essayer de comprendre quelle peut être la nature exacte d’une identité duale que génère sur une âme et son corps fait la spécificité du cinéma et de ses projections fantasmatiques qui unit ici la perçue à la « percevante ».

Reich 2.jpgUne évidente beauté formelle - où l’influence de l’expressionnisme allemand (qui ne se limite pas à la seule lumière) comme d'un certain lyrisme de l’onirisme sont évidents -  crée un percevoir en perdre-voir. La majesté des images n’empêche pas les touches d’humour dans cette conversion magique et sensuelle. Preuve que les diverses figures du double fournissent un excellent prétexte pas seulement pour le cinéma. L’existence entière s’y résume dans des fantasmes portatifs de paradis ou d’enfer concocté par les autres (femmes). Mais pas n’importe lesquelles.

Jean-Paul Gavard-Perret

Johanna Reich, “Die Gestohlene Welt”, Max Ernst Museum, Brühl (Allemagne), à partir du 24 février 2018.

 

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