gruyeresuisse

20/02/2018

Julien Serve : tout ce qui reste

Serve.jpegJulien Serve, « Les disparus », Analix Forever, Genève, Mars 2018. « Pour Parler" avec Frank Smith, Éditions Créaphis, 2018.


Plutôt que de partir à la recherche d’une quelconque boîte noire susceptible de révéler les paramètres des catastrophes Julien Serve tente de dégager le caractère flagrant du désastre. Il a aussi la puissance de métamorphoser les paysages cadavres en une vision « avènementielle » empreinte de sobriété fortement poétique. Le paysage mortifère est transformé selon un protocole précis qui débouche sur l’éclosion d’œuvres « paysagères » particulières.

Serve 2.jpg

 

Diverses thématiques picturales et temporelles s’y synthétisent. Exit la déploration, la lamentation face à des tombeaux collectifs. L’artiste crée un chiasme afin de proposer une vision qui cultive la ruine, le lambeau, manière d’anticiper des naufrages d’un temps passé mais qui appellent ce qui arrivent actuellement.

Serve 3.jpg

 

Quittant partiellement le dessin pour la peinture aux coloris très souvent diaphanes mais relevés d’éléments « dorés » l’artiste témoigne et manifeste la solidarité profonde aux êtres dans une esthétique plus de l’après que de l’avant. Thanatos est là en filigrane au moment où en d’autres travaux la présence animale et d'éros en ses larmes suivent leur cours. Le créateur fait donc toucher les douleurs du temps en ne se contentant pas d’en être un simple témoin. Formes et couleurs lévitent dans un paysage aux lumières de limbe ou de nuée.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Les commentaires sont fermés.