gruyeresuisse

10/02/2018

Elisa Shua-Dusapin : l’amant

Shua.pngElisa Shua Dusapin, « Hiver à Sokcho », Zoé Editions, Genève.

La narratrice de « Hiver à Sokcho » affirme que nul ne peut pas connaître Sokcho, « sans y être né, sans y vivre l’hiver, les odeurs, le poulpe. La solitude. » On la croit facilement. L’auteure fait néanmoins éveiller et éprouver des sensations. Celles du froid vif, des odeurs de la rue et des boulettes de porc de la mère Kim : « un mélange d’ail et d’égouts ». La langue est sobre, sensuelle, dépouillée, elliptique. Nulle métaphore : rien que la sobriété à l’image de la lucidité, la retenue, le désarroi d’une narratrice « sœur » d’ Elisa Shua Dusapin, fille d’un père français absent depuis sa naissance.

Shua 2.pngSon héroïne cherche à échapper à l’emprise à la fois de sa mère, de son petit et de son patron et un Français qui a le double de son âge semble une terre promise, amant et père de substitution. Mais celui-ci se refuse. Demeure un jeu dangereux entre les deux protagonistes. Tout reste furtif et latent. L’écriture réussit à capter de tels états où l’héroïne bute sur l’égoïsme et le narcissisme de l’amant. Plus qu’une rencontre interculturelle la romancière pose la question de l’amour, ses seuils où tout se passe comme lorsque la neige tombe sur l’écume « une partie du flocon s’évapore quand l’autre rejoint la mer. »

Jean-Paul Gavard-Perret

Commentaires

Très mignonne...

Si je peux donner un conseil, qu'elle cherche un homme avec qui fonder une famille et si elle a déjà trouvé quelqu'un, qu'elle n'hésite pas à lui enseigner, pour l'altruisme au quotidien, la morale chrétienne, et, pour l'altruisme en amour, le yoga de l'amour selon Vatsyayana. Inutile de rester passive et de se plaindre de l'égoïsme du conjoint.

Écrit par : Rémi Mogenet | 10/02/2018

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