gruyeresuisse

02/02/2018

Ben et la Suisse « Esto Memor»

Ben Vautier bon.pngBen Vautier dit ne plus savoir que faire. Il continue néanmoins de nager en plein océan même si - dit-il - «il n’y a pas de rivage ». Bref il travaille. Il fabrique, écrit en « Nissart », vadrouille. Il n’aime pas les accrochages car il y a « trop d’avant garde » mais il n’en rate pas beaucoup. Il ne fait ni sport, ni yoga, ni bicyclette, affirme ne plus honorer les femmes mais aime dormir avec la sienne et manger des pâtes tout en continuant à faire des listes de listes et pas seulement de courses et estimant que « l’espèce humaine est malade » - ce qui n’est pas faux. Mais il ne se contente pas de ce seul constat et tente de répondre à la demande de Pult qui lui réclame des tableaux pour la Suisse à propos de ce pays - celui de ses origines.

 

Vautier.jpgDès lors et forcément l’artiste se souvient de Lausanne et du collège où les autres enfants se moquaient de son accent. Il habitait avec sa mère dans une mansarde. Et cette mère écrivait à sa famille pour obtenir de l’argent. Il se souvient de la mort de son père (« je n’ai jamais su s’il s’était suicidé ou pas) et il se remémore Pully « où la propriétaire ne faisait que dire putsi putsi ». Mais pour lui la Suisse est le pays fier de ses trains : les vrais ou en modèle réduit. C’est en conséquence le pays du magasin de jouets « Jelmolin » mais tout autant du lac de Zurich et de la maison de la mère de son père à Küssnacht et des framboises de son jardin. Il se souvient aussi de la bêtise d’une mère qui en parlant des Suisses disait « Ben on n’appartient pas à ce monde là » sous prétexte que les Helvètes ne connaitraient pas Beethoven, Rembrandt, Einstein…

Ben 3.pngFace à ce flot de souvenirs et ce projet une nouvelle fois l’artiste se demande « que faire ? ».Gageons qu’il trouvera la solution et saluera son pays d’origine comme il se doit. D’autant que Ben n’est pas du genre à renoncer. Pour lui faire c’est à la fois « lire, comprendre, penser, réfuter, repenser » au nom de l’existence qui demeure l’arme fatale. D’autant que de Suisse et de son éditeur lui est venu un accord : publier un livre sur sa vision géo politique du monde et son foutoir.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

07:49 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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