gruyeresuisse

31/01/2018

Siegfried Halus : au-delà du genre

Halus 2.jpgSiegfried Halus photographie des corps nus en mouvement. Ils créent l’espace au fur et à mesure qu’ils bougent, se déplacent. Ils demeurent en acte, tendent immédiatement vers l’informe par le longtemps de pose. Le mouvement est donc c ce qui trouble. La chair apparaît de face ou de profil. Il y a du Gréco en de tels spectacles. Mais aussi des spectres qui sortent de la nuit et s’abandonnent à la tension. Le corps frémit, attend.

 

 

 

 

Halus.jpgEt si finalement, en dépit des apparences, Siegfried Halus présentait le corps sans organe d’Artaud commenté et théorisé par Gilles Deleuze : « Le corps sans organe s’oppose moins aux organes qu’à cette organisation des organes qu’on appelle organisme » ? Dans des prises en long temps d’exposition, la présence intense, intensive touche au mythe. L’univers photographique engendre des anges vivants là où tout se transforme en cérémoniaux. Ils rompent avec les bornes de l’activité organique. En pleine chair, jaillit une émotion archaïque où ni la douleur ni le plaisir ne seront clairement affichés.

Jean-Paul Gavard-Perret

Siegfried Halus, “Body Out of Darkness”, Daniel Cooney Fine Art; New-York, du 11 janvier au 24 février 2018

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